Jacques Kuhnmunch, Laure Chabanne & Étienne Guibert
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« L’Impératrice Eugénie à genoux », étude pour Le Baptême du Prince impérial
Thomas Couture (Senlis, 1815 – Villiers-le-Bel, 1879)

Illustrations de comparaison
Gustave Le Gray, Portrait de l’impératrice Eugénie agenouillée sur un prie-Dieu, étude photographique pour Le Baptême du Prince impérial, château de Compiègne, C.95.007.
Thomas Couture, « L’Impératrice Eugénie à genoux », étude pour Le Baptême du Prince impérial, photographie dans l’infrarouge de l’œuvre effectuée en 2004 par le C2RMF.
Inscription

M.b.d. : T.C.

Historique

Indivision Couture, état du 16 février 1884, no 86 (« L’impératrice à genoux. Étude pour le même tableau »). Berthe Couture, épouse Bertauts, fille de l’artiste. Georges Bertauts-Couture. Don avec réserve d’usufruit le 30 juin 1953. Arrêté du 7 octobre 1963. Entré au château de Compiègne le 11 mai 1964.

Commentaire

Placée au cœur du Baptême du Prince impérial, la figure de l’impératrice Eugénie devait faire écho à celle de l’impératrice Joséphine dans le célèbre tableau de David, Sacre de Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine (Paris, musée du Louvre), dont s’inspira vraisemblablement Thomas Couture pour sa composition. Elle devait apparaître dans un halo, priant pour son enfant, incarnation émouvante de la maternité. Pour étudier les traits de la souveraine et le détail de son attitude, l’artiste bénéficia de quelques séances de pose et travailla à partir de photographies prises par Gustave Le Gray à Saint-Cloud pendant l’été 1856. L’impératrice posa dans le grand salon de ses appartements, agenouillée sur un prie-Dieu, dans la robe de satin de soie bleu pâle et de dentelle qu’elle avait portée pour la cérémonie.

Ce tableau peut être rangé parmi les figurines peintes par Thomas Couture pour préparer son tableau. Le profil d’Eugénie se perd dans l’ombre tandis que sa nuque, la courbe de ses épaules et les flots soyeux de sa toilette sont baignés d’un halo de lumière. Le sujet principal de la toile est indéniablement la robe. D’ailleurs, on sait que l’artiste obtint de l’impératrice le prêt du fond de sa traîne puisqu’il resta dans son atelier et fut donné par ses héritiers en 1931 au château de Compiègne.

Comme souvent chez Couture, cette étude a été brossée sur une toile de remploi. L’examen scientifique dont le tableau a fait l’objet en 2004 au C2RMF a révélé la présence de deux compositions sous-jacentes. Une forme exécutée sur un fond d’un brun chaud perpendiculairement à la figure de l’impératrice se devine à l’œil nu. La photographie dans l’infrarouge a permis de préciser qu’il s’agit d’un buste de femme. La radiographie laisse apparaître une étude plus ancienne, une tête coiffée d’un large chapeau où il est aisé de reconnaître le Pierrot du tableau Un souper à la Maison d’or (voir C.53.033) auquel l’artiste avait travaillé deux ans plus tôt.

Couture a donc retourné une première fois la toile dans le sens de la hauteur, puis l’a réutilisée dans le sens de la longueur, bâtissant sa figure directement sur la composition précédente. Il a rapidement campé la silhouette de l’impératrice, traçant les grandes lignes de sa robe à l’aide d’un bleu sombre, puis il a construit les volumes du drapé par des touches de bleu cobalt rapides et discontinues en jouant du contraste avec le fond. Cette couleur, vraisemblablement utilisée pure, au sortir du tube, ne correspond pas à ce que l’on sait de la toilette de l’impératrice, qui était bleu glacier. Enfin, Couture a parachevé son effet par des rehauts de blanc afin de suggérer les garnitures de dentelle et l’éclat de la soie. L’économie de moyens est également sensible dans le traitement du buste, auréolé d’un frottis de blanc rompu d’ocre brun. Quelques fins traits noirs suffisent à évoquer le voile et les mains.

Auteur du commentaire : Laure Chabanne

Bibliographie
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Copyrights

Étapes de publication :
2020-06-15, publication initiale de la notice rédigée par Laure Chabanne

Pour citer cet article :
Laure Chabanne, « L’Impératrice Eugénie à genoux », étude pour Le Baptême du Prince impérial, dans Catalogue des peintures du château de Compiègne, mis en ligne le 2020-06-15
https://www.compiegne-peintures.fr/notice/notice.php?id=366

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