Jacques Kuhnmunch, Laure Chabanne & Étienne Guibert
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« L’Empereur Napoléon III », étude pour Le Baptême du Prince impérial
Thomas Couture (Senlis, 1815 – Villiers-le-Bel, 1879)

Illustrations de comparaison
Thomas Couture, Le Baptême du Prince impérial, étude d’ensemble pour les membres de la famille impériale, plume sur papier bis, château de Compiègne, C.52.011/1.
Thomas Couture, Le Baptême du Prince impérial, étude pour les membres de la famille impériale, mine de plomb avec rehauts de plume, château de Compiègne, C.52.011/5.
Thomas Couture, Le Baptême du Prince impérial, études pour l’empereur et pour l’impératrice, mine de plomb, château de Compiègne, IC.52.011/6.
Thomas Couture, Le Baptême du Prince impérial, étude de groupe et étude d’aigle, mine de plomb, château de Compiègne, C.52.011/8.
Historique

Indivision Couture, état du 16 février 1884, no 305 (« Napoléon III. Figurine. Esquisse pour Le Baptême. »). Berthe Couture, épouse Bertauts, fille de l’artiste. Georges Bertauts-Couture. Don en 1950. Comité du 30 avril 1953. Conseil du 7 mai 1953. Entré au château de Compiègne le 28 octobre 1950.

Commentaire

L’attitude donnée par Thomas Couture à Napoléon III est singulière. Le corps est saisi dans un moment de relative détente, mais le regard baissé indique la concentration et le recueillement de l’empereur qui, à l’instar de son épouse, est représenté priant pour son fils. L’ensemble donne une impression de naturel. Peut-être Couture s’est-il inspiré d’un croquis pris sur le vif lors de la cérémonie du baptême. Odile Sébastiani a suggéré qu’il avait pu également dessiner le souverain lors de la « série » de Compiègne à laquelle il fut invité en 1856, au moment où il préparait son grand tableau. En tout cas, différents dessins préparatoires conservés dans les collections du château de Compiègne (IC.52.011/1, C.52.011/5, C.52.011/6, C.52.011/8) indiquent qu’il envisagea plusieurs poses : tantôt Napoléon III se penche en avant pour regarder avec attention la bénédiction de son enfant par le cardinal Patrizi, tantôt il reste en retrait, le corps tourné vers la scène mais la tête baissée. Cette étude montre que l’artiste avait choisi la seconde option, sans aucun doute plus flatteuse pour l’empereur à l’égard du légat du pape, mais qu’il hésitait encore sur le traitement des jambes. Le haut des bottes n’est qu’une masse noire indistincte et les pieds se résument au trait de contour par lequel Couture commençait son travail. Dans la composition finale, les jambes sont plus raides et le bras droit est parallèle au buste, ce qui donne à Napoléon III une allure plus martiale. Quant à la tête, elle est absente. Ceci a souvent été interprété comme une vengeance de Couture qui l’aurait effacée dans sa colère contre le régime impérial. Pourtant, quelques traits marquant le contour de la barbe et la position du nez indiquent que l’artiste avait bien l’intention de la représenter et de l’incliner vers l’avant. Albert Boime a suggéré qu’il avait peiné à l’associer aux drapeaux se trouvant à l’arrière. S’appuyant sur un carton de Pierre-Victor Galland pour un portrait de Napoléon III en tapisserie des Gobelins, où la tête était également laissée en réserve, il a aussi affirmé que Couture, comme Galland et à sa suite, devait utiliser un visage type approuvé par l’administration. Cependant, Galland, connu pour ses talents de décorateur, n’avait pas été chargé de peindre une effigie de l’empereur mais de concevoir un riche encadrement pour la transcription en tapisserie du célèbre type créé par Winterhalter. La commande passée à Couture n’était pas de la même nature. En invitant le peintre à séjourner à Compiègne avec les souverains, il s’agit d’ailleurs pour l’administration impériale de lui offrir l’occasion de les observer de près sans les soumettre à de longues séances de pose. Le fait est avéré pour d’autres commandes à d’autres artistes (voir C.2006.007). Cette étude prouve suffisamment que Couture rechercha librement l’expression à donner au souverain. Lorsqu’il abandonna le tableau, il n’était vraisemblablement pas encore parvenu à trouver la solution pour concilier le caractère pensif et recueilli qu’il désirait donner à la tête avec l’attitude plus raide choisie pour le corps.
Comme d’autres du même ensemble, cette étude a été exécutée sur une toile de remploi. L’examen scientifique de l’œuvre effectué en 2005 par le C2RMF a confirmé la présence d’une composition sous-jacente, une académie d’homme inachevée (sans tête), peut-être due à un élève de Couture.

Auteur du commentaire : Laure Chabanne

Bibliographie
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Copyrights

Étapes de publication :
2020-06-15, publication initiale de la notice rédigée par Laure Chabanne

Pour citer cet article :
Laure Chabanne, « L’Empereur Napoléon III », étude pour Le Baptême du Prince impérial, dans Catalogue des peintures du château de Compiègne, mis en ligne le 2020-06-15
https://www.compiegne-peintures.fr/notice/notice.php?id=365

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